Dans les pas dU
Bienheureux Camille Costa de Beauregard
Nous marcherons cette année à la suite de ce prêtre savoisien tout récemment béatifié.
Son enfance
Camille Costa de Beauregard est né à Chambéry en Savoie le 17 février 1841. Il grandit dans une famille aristocrate croyante et profonde. Dans sa jeunesse, il brille par sa courtoisie, son humour, et le charme de sa conversation qui lui vaudront le surnom de « Beau chevalier ».
l'appel du Seigneur
Camille a alors 22 ans. Il a terminé avec succès ses études de philosophie. A cette époque, un relâchement religieux l’a amené à perdre la foi. Un jour tout bascule. Dans la cathédrale de Chambéry où il s'est senti attiré à entrer, c’est soudain l'illumination de son âme. Il retrouve alors la foi de son enfance et il entend l'appel à la prêtrise auquel il décide de répondre. Il sera ordonné prêtre à Rome en 1863, puis refusant les hautes fonctions ecclésiastiques qu'on lui a réservées là bas, il rentre à Chambéry.
Un père pour les orphelins
Au mois d'août 1867, le choléra s'abat sur la ville. L'abbé Costa a pitié de tous les orphelins qui se retrouvent sans parents, sans toit, sans argent. Il en recueille d'abord une demi-douzaine, mais, bien vite, leur nombre s'accroît et il a besoin d'une grande maison pour les accueillir. A cet effet, il obtient du comte de Boigne l'ancien bâtiment des douanes sur un demi hectare de terrain : le Bocage. C'est ainsi que va naître l'Orphelinat du Bocage, en mars 1868. Grâce à ses fonds personnels, et à l'aide de beaucoup (dont les chartreux), le nombre de jeunes va s'élever jusqu'à 125 pensionnaires. Les abbés Costa et Chenal (son adjoint) ont dû s'entourer de collaborateurs pour les prendre en charge : après les Frères des Ecoles Chrétiennes pour les premières années, ils feront appel aux Filles de la Charité.



La Fondation du Bocage, ouverte en 1869
Le secret de la réussite
Camille fut un éducateur exceptionnel qui a expérimenté la « pédagogie de l’amour », inspirée de saint François de Sales, et qui répondait à ceux qui lui demandaient le secret de la réussite avec les jeunes : « C’est parce que nous les aimons beaucoup ! ».
Une solide édUcation et un emploi
Mais quel est donc cet esprit du Bocage ? C'est une éducation semblable à celle de Don Bosco, que l'abbé Costa a rencontré à Turin. Une éducation préventive, qui s'oppose aux systèmes éducatifs de l'époque, faits d'obligations et d'interdits... Camille construit l’éducation en la basant sur la confiance et l'affection réciproques. Entre les éducateurs et les jeunes s’installent des rapports basés sur la valorisation de l’effort, l'appel à la raison, l'écoute personnelle, créant un profond esprit de famille. Tout cela dans une atmosphère de foi transmise et vécue au quotidien sans oublier une large place accordée aux loisirs. Dès la fin de leur apprentissage, l'abbé Costa trouve aux jeunes un emploi de jardinier et reste en liens étroits avec chacun d'eux. Ainsi réalise-t-il son objectif de former « de solides chrétiens, d’excellents ouvriers, de bons pères de famille ».
vers la sainteté
Il assumera la direction du Bocage jusqu'à sa mort, le 25 mars 1910. La réputation de sainteté de Camille s’étend hors du Bocage et du diocèse. Sa cause est présentée à Rome en 1925. Le Pape Jean-Paul II le proclame « Vénérable » en 1991. Il a été béatifié le 17 mai 2024 à la cathédrale de Chambéry. Le miracle fut la guérison d’un jeune du Bocage, blessé à l’œil, et guéri au terme d’une neuvaine et suite à l’application d’un linge ayant appartenu à Camille.
Aujourd'hui ?
Les Salésiens de Don Bosco, bien qu’à distance, continuent d’assurer la tutelle sur la Fondation du Bocage qui compte actuellement, deux principaux établissements : une Maison d'Enfants à caractère social, et le Lycée Agricole Costa de Beauregard.
